Didier Damestoy, traducteur du livre de son grand-père" Las hogueras del Pertús". Il présentera également une partie des 69 dessins d'origine de la main d' Alvaro Orriols.

Un demi-million de civils, craignant la répression du futur régime franquiste, fuient la Catalogne via les Pyrénées. Parmi eux un écrivain célèbre, Alvaro de Orriols, tente de sauver sa famille de ce naufrage collectif...

les feux du Perthus

Le camp du Polo Beyris a été oublié pendant des décennies. Afin de rappeler son existence et les milliers de personnes détenues, un "collectif du camp de Beyris", a décidé en 2012, de faire revivre cette histoire. C'est, enfermé dans ce camp , qu' Alvaro ORRIOLS  écrit "Las hogueras del Pertús".

CONFERENCE Didier DAMESTOY

Mercredi 23 octobre 18h à la mediathèque de Mourenx.

 

La mémoire oubliée de l’exode espagnol

Didier Damestoy est attaché à faire connaître l'œuvre de son grand-père.

EMMANUEL PLANES      https://www.sudouest.fr/2011/04/26/la-memoire-oubliee-de-l-exode-espagnol-381239-4018.php

Le Bayonnais Didier Damestoy a traduit pour la première fois en français le livre de son grand-père Alvaro de Orriols sur l’exode des Républicains espagnols en 1939. Originaire de Barcelone, Alvaro de Orriols est un écrivain aujourd’hui bien oublié, mais qui eut, en Espagne, son heure de gloire, ami de Lorca et de Machado, célèbre pour un recueil de poèmes intitulé « Nervio », et surtout pour des pièces de théâtre, comme « Rosas de Sangre », . Militant du Parti socialiste espagnol, Alvaro de Orriols participa avec sa famille, après la victoire de Franco, à l’exode des Républicains, civils et militaires, qui fuyaient vers la France. Il abandonna à Madrid sa maison et tous ses biens et perdit, dans la fuite, deux valises qui contenaient toute son œuvre.

Enfermé quelques mois, en 1939, dans le camp de concentration du Polo-Beyris, il devint professeur d’espagnol, à Itxassou, auprès d’orphelins de la guerre d’Espagne, s’installa en août 1940 à Bayonne, vivant d’abord à Saint-Esprit, puis dans le quartier des arènes où il demeura jusqu’à sa mort, le 18 novembre 1976. Un témoignage exceptionnel

De cette terrible expérience de l’exode, Alvaro de Orriols a tiré un récit, « Las Hogueras del Pertus, diario de la evacuacion de Cataluña », déjà publié en 1995 à Paris et en 2008 en Espagne, mais qui n’avait jamais encore été traduit en français. Il s’agit pourtant d’un témoignage exceptionnel sur un événement historique dont l’importance est, parfois, sous-évaluée.

« Ce fut le plus grand exode de l’histoire de l’Europe, souligne le Bayonnais Didier Damestoy, petit-fils de l’écrivain. 500 000 Républicains y prirent part. » Âgé de 37 ans, cet ancien cadre bancaire avait, depuis longtemps, envie de traduire l’œuvre de son grand-père pour la faire notamment connaître des autres descendants de Républicains espagnols vivant en France. Étant bilingue, il se sentait parfaitement à même de mener à bien cette tâche.En 2007, Didier Damestoy s’est mis en quête d’un éditeur et a, tout de suite, pensé à Privat dont le siège est à Toulouse, ville qui fut le refuge des premiers Républicains en exil. L’éditeur a immédiatement accepté.

Soixante-neuf dessins

« Les Feux du Perthus, journal de l’exode espagnol » vient donc de paraître en français. Le texte d’Alvaro de Orriols est accompagné de l’ensemble des soixante-neuf dessins d’origine qui sont, eux aussi, de la main l’auteur, ancien élève des Beaux-Arts de Madrid.

Et il est précédé d’une préface de l’historien Serge Salaün, professeur à Paris III-Sorbonne nouvelle, qui met en lumière l’intérêt historique et littéraire de ce récit, « extraordinaire aventure humaine, avec ses moments d’angoisse et même de désespoir, ses épisodes où le tragique de la mort omniprésente, le feu, les bombardements, mais aussi la "picaresque" espagnole et la solidarité entre vaincus obligent à réinventer en permanence un quotidien hasardeux. »

Et pourtant, ajoute le préfacier, « le ton est toujours ferme, lucide, le plus souvent comme distancié devant tant de difficultés, énergique envers et contre tout, avec des dialogues savoureux, parfois même avec une pointe d’humour, de cet humour noir espagnol qui serait la politesse du désespoir ».

Ayant seulement 4 ans quand il est mort, Didier Damestoy de Orriols a très peu connu son grand-père, mais il en a beaucoup entendu parler, par sa mère Mercédès, qui avait, elle-même 4 ans lors de l’exode, et par beaucoup de Bayonnais, notables et intellectuels, qui lui ont dit combien c’était un personnage « charismatique ».

Conscient qu’il n’a plus la célébrité qu’il mériterait, Didier Damestoy souhaiterait maintenant traduire d’autres œuvres de son grand-père, notamment deux œuvres théâtrales qui lui semblent toujours d’actualité (« Athael » et « Maquinas », proche des « Temps modernes » de Chaplin), ainsi qu’un récit inédit, « Campanarios », rassemblant les témoignages de guerilleros recueillis à la fin des années 40 et au début des années 50. Guerilleros réfugiés en France après 1945 et auxquels Alavaro de Orriols avait permis, à la demande des autorités françaises, de régulariser leur situation.

les feux du Perthus